CONGRES NATIONAL UNP A CASTRES
LE CONGRES NATIONAL DE L'UNP à CASTRES :
S'il y a eu un évènement qui a marqué nos esprit depuis le début de l'année 2009, c'est bien le Congrès National qui remporte la palme toutes catégories. En effet, on peut vraiment dire que nous n'avons pas été épargnés et il est rare de cumuler les péripéties de toutes natures que nous avons rencontrées durant ce congrès initialement prévu pour une durée de deux jours mais qui, en fin de compte, en a duré pratiquement trois.
Pour tous nos amis qui n'avaient pas pu, pour des raisons diverses, assister à ce rassemblement, nous avons, sur les instances de notre président Paul Ponchel, pris la décision de faire un résumé des principales vicissitudes décrites en plusieurs paragraphes.
LE VOYAGE ALLER :
Pour tous les congressistes se déplaçant en car, le rendez-vous avait été fixé sur le parking situé à la sortie N°5 de l'autoroute A83 aux Essarts à 2h du matin. Personnellement, je suis arrivé à ce point à 1h45mn et j'ai découvert que j'étais loin d'être le premier. Sur place, il y avait déjà un noyau de fidèles qui trompaient leur attente en dégustant des huîtres ,des palourdes fraîchement pêchées accompagnées de pain de seigle au beurre salé tout en sirotant un petit muscadet pas piqué des hannetons frais à souhait. Je fus tout de suite convié à partager ces agapes. J'avais tout juste trempé mes lèvres dans mon gobelet que de nouveaux participants se joignirent à nous et bientôt, les 14 passagers du car se trouvèrent réunis et participèrent.
Les participants au congrès venus en autocar entourant le porte-drapeau suppléant
Mesdames les congressistes
Vers 2h30mn, nous n'avions pas encore aperçu l'ombre d'un car. Chacun y alla de son petit commentaire lorsque notre président nous dit, qu'en réalité le rendez-vous était fixé à 2h30mn. Par précautions élémentaires, (il avait tenu compte des éventuels retardataires) il avait avancé d'une 1/2 heure le rendez-vous. Ce qui donna l'occasion de reprendre un peu de vin blanc, histoire de le consommer pendant qu'il était encore frais et de ne pas embarquer des bouteilles à moitié pleines pour éviter quelle ne se renversent dans le car, ce qui eut été dommage.
A 3h, toujours pas de car. Celui-ci daigna apparaître vers 3h15. Un des chauffeurs nous déclara qu'il avait pris la mauvaise sortie et qu'il avait du rebrousser chemin, d'où le retard.
Après le chargement des bagages, nous avons été conviés à prendre place dans le car, mais là encore, une surprise nous attendait. A l'origine, il avait été convenu que les 14 places nous incombant devaient être regroupées vers l'avant. Il n'en était rien : Les premiers embarqués avaient jetés leur dévolu sur la place qui leur convenait sans se préoccuper des futurs arrivants, tant et si bien que le groupe vendéen fut disloqué et obligé de se placer aux seules places disponibles. Cela n'aurait pas été un grand mal si pour des raisons inconnues de nous, des fauteuils n'avaient pas été rajoutés et de ce fait, limitaient l'espace vital, interdisant à certains de pouvoir allonger leurs jambes. De plus, pour couronner le tout, on nous annonça que la climatisation du car était en panne, ce qui transforma le voyage en sauna, surtout pour les occupants des places situées juste au-dessus du moteur de l'engin.
Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, nous nous acheminions, kilomètre après kilomètre vers notre but. Vers 7h du matin, les chauffeurs devant se relayer, nous avons eu droit à une pause " petit déjeuner" sur une aire d'autoroute où se trouvaient des toilettes, des cafétérias et des aires de pique-nique.
LE PETIT DEJEUNER " A LA VENDEENNE"
Lors de cette pause, chacun des occupants du car se dirigea qui vers la cafétéria, qui vers les toilettes mais cela ne concerna pas le groupe UNP 85. Celui-ci resta à proximité immédiate du car, descendit des soutes de celui-ci tout le nécessaire pour un solide petit déjeuner : Des divers sacs sortirent des brioches, des croissants, du pain, du beurre salé, les thermos de café fumant mais aussi, elles n'avaient pas été oubliées, les huîtres, les palourdes et le muscadet moins frais qu'au départ mais encore consommable, et tous se firent un devoir que de faire honneur aux victuailles . Et l'ambiance fut de mise malgré la nuit blanche
Le début de la pause petit déjeuner, sur l'aire d'autoroute et l'arrivée des victuailles. Remarquez la taille de la bourriche d'huîtres située sur le banc de pierre. Madame Bourrigaud fait l'inventaire de la glacière
Le petit déjeuner s'organise. On voit tout de suite, sur cette photo, que l'ambiance est à la morosité
Cette ambiance dû être contagieuse car nous avons remarqué que certains autres passagers se rapprochèrent de notre groupe. Les Vendéens, fidèles à leur esprit de convivialité, invitèrent ces personnes à se joindre à eux ,tant et si bien que presque la majorité des passagers profitèrent qui des huîtres, qui du café qui de la brioche

De gauche à droite nous reconnaissons : Robert Bourrigaud, Pierre Piga, Pierre Barbette, Claude Grellier, Gérald Honiat, Leck Wawrzyniak et Albert Viaud.
Mais, toute bonne chose ayant une fin, il fallut songer à reprendre la route si nous ne voulions pas prendre du retard sur l'horaire déjà très serré
ARRIVEE à CASTRES, HEBERGEMENT :
Après ce robuste petit déjeuner, nous avons réembarqué dans le car pour l'étape finale. Nous sommes arrivés à Castres aux environs de 9 h, par une chaleur écrasante, et le car nous a amené directement vers l'internat de jeunes étudiants qui nous louait ses locaux pour la nuit à venir. Après de multiples manœuvres, le car est parvenu à entrer dans la cour de l'établissement. Nous avons été pris en charge par une personne responsable des lieux qui aurait grand besoin de se recycler dans l'accueil et l'organisation de groupes car il a vite été à côté de ses baskets et dépassé par les évènements.
La personne chargée de l'accueil
Au prix de maints palabres, chacun est parvenu à prendre possession de son lit. Rien à dire sur les locaux qui étaient propres mais austères comme le sont des chambres de jeunes étudiants.
Les palabres pour l'attribution des chambres sont âprement discutés entre Paul Ponchel, Robert Bourrigaud et le responsable
Les chambres étaient assez exigües tant en surface qu'en hauteur de plafond et certain camarade comme Gérald Honiat, qui n'est pourtant pas un des plus grands (en taille) de la section, a fait une rencontre rapprochée et brutale avec la poutre apparente centrale et a exprimé par un tonitruant juron (que la décence m'interdit de rapporter ici) l'oubli de son casque lourd. D'ailleurs ce choc, apparemment sans conséquences au premier abord à néanmoins laissé des séquelles sur le sens de l'orientation de notre ami qui, bien plus tard dans l'après-midi, c'est égaré dans les rues de Castres qu'il a pourtant le privilège de bien connaître et ce, au grand dam de certains anciens. (Je ne citerais personne mais suivez mon regard)
Une fois les bagages posés, nous nous sommes empressés de nous diriger vers la douche bienfaitrice. D'ailleurs, ainsi que le témoigne la photo suivante, certains avaient pris les devants en se préparant à bondir sous l'eau, tout cela en poussant la chansonnette.
Comme quoi, les brevets de parachutistes peuvent avoir des utilités insoupçonnées et méconnues !!!!
Dès que tous les participants furent propres comme des sous neufs, changés de la tête aux pieds et revêtus de la tenue UNP, le rassemblement fut sonné et le cap fut mis sur le mess du 8e RPIMa où nous sommes allés tranquillement à pieds.
LE REPAS AU MESS :
Nous arrivâmes donc au mess où le 1e service était en cours. Nous nous pliâmes aux formalités des tickets et à l'enregistrement de ceux-ci.
L'attribution des tickets et l'enregistrement des repas
Nous avons pu constater pour la 1e fois que l'accueil et l'amabilité était au rendez-vous. Chacun des membres du personnel, civils ou militaires était courtois, polis et souriants. On nous pria gentiment de patienter jusqu'à la fin du 1e service en allant prendre l'apéritif au bar pour ceux qui le désiraient. Nous avons donc suivit ce conseil mais la sagesse nous conseillant la modération en prévision d'un après-midi chargé sous une chaleur très lourde, nous nous sommes abstenus à ne prendre qu'un verre. (Sic)

L'apéritif au mess
Pendant ce temps, les dames faisaient la même chose que nous, tranquillement assises dans un coin du bar prévu à cet effet.
Les dames, pendant l'apéritif
Enfin, après je ne sais plus combien de temps à attendre, le moment est arrivé où nous devions passer à table. En retard, évidemment ! Les participants au premier service avaient pris leur temps et c'est nous qui devions speeder pour être dans les délais. Nous n'avons pas mangé avec un lance-pierre mais en accéléré. Cela n'a pas empêché notre ami Leck de saturer de questions les deux militaires du 8e assis à côté de notre table (un adjudant et un sergent-chef) qui, au regard des médailles accrochées sur la veste, n'osaient pas trop parler et se sentirent obliger de partager leur bouteille avec leur interlocuteur malgré les prétendues dénégations de celui-ci.
Une partie des participants pendant le repas
For heureusement pour ces deux hommes, l'heure de la séparation (et de la délivrance pour eux) arriva et nous dûment prendre congés pour aller au quartier Fayolle et participer aux cérémonies.
LES CEREMONIES, LE DEFILE :
ETRE PARA, C'EST UN ETAT D'ESPRIT
Lorsque le général Robert Gaget a écrit cette phrase, il était sûrement loin de penser qu'elle revêtirait tout son sens lors du congrès national 2009
Nous sommes arrivés aux quartiers Fayolle, siège du 8e RPIMa, où une sentinelle nous a salués militairement, rendant ainsi honneur aux anciens que nous étions. Nous étions dans la cour d'honneur du régiment et c'est à cet instant que nous avons réalisés l'ampleur de la manifestation. Il n'y avait pas moins de 85 drapeaux et 720 anciens paras sur les rangs, tous en tenue UNP avec béret rouge. C'était déjà grandiose.
Une partie des drapeaux et de l'assemblée des anciens
Mais on ne nous a pas laissé le temps de souffler. Nous avons été aussitôt "pris en main". On nous a répartis par taille, attribué une place dans le rang et distribué des petits papiers afin de nous souvenir de notre place. Ensuite, par section de 80 nous avons revécus la bonne époque des "En colonne, couvrez !" de la marche au pas rythmé par le traditionnel "om, dé, om, dé" tout en nous demandant la raison de ces exercices puisque nous nous sommes disposés en carré autour de la cour d'honneur.
Vinrent ensuite les traditionnels discours, suivis par la revue des troupes ainsi que les diverses étapes (hymne national, minute de silence, dépôts de gerbes etc.) communes à ce genre de cérémonie.
Ensuite, on fit reformer les carrés et on nous intima l'ordre de sortir de la caserne en colonne par un, en suivant l'ordre établi. Nous nous sommes regardés, interloqués, mais comme tout bon militaire sait le faire, nous avons obéi sans discuter.
Imaginez 720 paras sortant des quartiers en colonne par un, traversant la route et marchant vers une destination encore inconnue. En passant devant les automobilistes obligés d'attendre que le dernier d'entre nous soit passé, je me suis dit qu'ils auraient besoin de faire preuve de patience. Puis, nous sommes arrivés à un endroit où petit à petit, suivant une organisation toute militaire, les carrés se reformaient tels qu'ils étaient dans la caserne.
Sur cette photo on reconnaît : Paul Ponchel, Hubert Denys, Pierre Barbette, Antoine Ruiz, Claude Grellier, Gérald Honiat, Pierre Piga
Lorsque le dernier ancien fut en place, on nous expliqua la marche à suivre :
Défiler dans la ville de Castres, au pas et en chantant "Debout les paras".
Après quelques instants, on nous fit mettre au "garde à vous" suivi de "En avant marche". Et la colonne s'ébranla. Puis vint le "Donnez le ton" et tous entonnèrent ce chant connu de tous les paras.
Une vue du défilé
Cela avait "de la gueule" que de voir tous ces anciens partir d'un même pas en chantant avec la même vigueur qu'à leurs 20 ans. Je n'ai pas posé la question aux autres participants pour savoir s'ils ressentaient la même chose que moi mais je suppose qu'il devait en être ainsi pour chacun d'entre nous:
L'espace de ces instants, je me retrouvais transporté, comme par magie, quelques décennies en arrière. Nous n'étions plus à Castres mais dans notre régiment respectif et nous avions troqués les chaussures de ville contre des rangers, notre pantalon-blazer UNP contre la tenue camouflée et notre béret rouge contre le casque lourd. Et je sentis mes poils se hérisser, mes yeux s'embuer de fierté et d'orgueil d'avoir la chance d'appartenir à cette élite si prestigieuse que forment les parachutistes. Je n'aurais changé ma place pour rien au monde et rien que pour cet instant, cela valait le coup d'avoir fait le déplacement
Les drapeaux
Toujours défilant et chantant, nous sommes arrivés au monument aux morts sous les applaudissements des habitants de la ville de Castres. Nous eûmes droits aux ovations, aux "Bravo les anciens" tous nous souriaient. L'ordre "Repos "fut donné et la musique du RTSO donna une aubade. Nous étions lessivés par cette chaleur lourde mais tellement ravis de voir que la foule essayait de nous approcher pour nous parler ou nous prendre en photo
La musique du RTSO
Après l'aubade, le "garde à vous" a été donné, puis un "A droite, droite". La musique a joué "Ouvrez le ban" et des discours ont été prononcés par le général Piquemal, le Député-maire de Castres etc. Puis des décorations ont été remises à divers récipiendaires et on procéda aux dépôts de gerbes. La "sonnerie aux morts" a retentit suivie d'une minute de silence et de "La Marseillaise ". Puis, enfin, on nous engagea à aller à participer au vin d'honneur servit dans les locaux de la mairie, à assister aux sauts de démonstration dans les Jardins de l'Evêché et la dispersion des rangs a été prononcée.
Nous avons décidés de regarder les sauts tout en nous dirigeant calmement vers le centre ville où nous avions prévu de diner, mais auparavant, la nécessité à été de nous désaltérer
Les sauts de démonstrations
Après avoir étanché notre soif, notre groupe se mit en quête de trouver un restaurant sympa pour diner et passer la soirée
LE DINER :
Sans grande difficulté, nous avons trouvé un restaurant qui servait en terrasse mais aussi sur les bords de la rivière Agoût. L'endroit était très beau et à caractère historique puisque c'était le lieu où, jadis, les tanneurs tannaient les peaux dans la rivière sous des arcades situées sous les maisons.
Les tanneries de l'Agoût
Le patron du restaurant fit dresser les tables et bientôt, chacun fut assis dans l'attente de la prise de commande. Chacun choisit un plat à sa convenance auprès du serveur mais aussi d'une petite serveuse très sympathique. Elle dût faire tourner la tête à certains car il s'avéra que plusieurs d'entre nous ne se retrouvèrent pas avec le plat qu'ils avaient commandés mais tout rentra vite dans l'ordre et la bonne humeur ne perdit pas ses droits. Nous avons pu encore constater gentillesse des Castrais lorsque nous avons poussé la chansonnette, ils se firent un plaisir de nous écouter et de nous applaudir.
Enfin, la fatigue de la journée, ajoutée à la nuit précédente pratiquement blanche, les émotions et les kilomètres parcourus, nous fit nous diriger tranquillement vers notre chambre où notre lit nous disait des "viens, viens !" en sourdine. Cette chambre se révéla vite comme étant un sauna tant la chaleur était pesante et chacun craignit qu'elle nous empêche de dormir. Mais il n'en fut rien et à peine couchés, les bras de Morphée nous accueillirent pour un repos bien mérité
LE DEUXIEME JOUR :
Il était environ 7 h du matin lorsque les premiers d'entre nous firent surface et après avoir procédé aux ablutions matinales, nous nous sommes dirigés vers la table située au milieu de la cour où certains et certaines commençaient à préparer le petit déjeuner ; Plusieurs commencèrent la journée en consommant les huîtres. Ce petit déjeuner fit sensation auprès des autres sections logées dans le même établissement que nous car des éléments séparés de ces sections (dont faisait partie le président régional, Daniel Pannetier) vinrent voir de plus près ce que les Vendéens trafiquaient. Ils furent conviés à partager les huîtres et le café. L'heure passant, les victuailles ont été remisées et nous avons pris la direction du théâtre Gérard Philippe où devait avoir lieu l'assemblée générale.
L'ASSEMBLEE GENERALE, REMISE DES MERITES UNP :
Chacun prit place dans ce théâtre et le général Piquemal prit la parole. Après quelques mots de bienvenue, il laissât la place au colonel Aragones, chef de corps du 8e RPIMa, qui commenta un très beau et bon reportage sur sa mission en Afghanistan
Le colonel ARAGONES,le chef de corps du 8e RPIMa
Après ce reportage,les participant firent une "Standing ovation" au colonel qui a été for ému par cette marque de respect.
L'assemblée générale se poursuivit avec ses discours, ses rapports, ses bilans etc. Sans oublier un chèque de gratification pour la section 85 remis à notre président. Le tout dura un peu plus de deux heures. Vers midi, il y eu lieu à une remise des Mérites UNP par le général Piquemal. Deux de nos camarades : Albert Viaud et Pierre Corbières reçurent cette récompense

Remise de la médaille à Albert Viaud

Remise de la médaille à Pierre Corbières
Pour cette occasion, notre porte-drapeau, Albert Viaud, laissa sa place et ses fonctions (non sans râler) à Claude Grellier qui les assuma fièrement. Cet échange donna lieu à des petites farces et à des échanges verbaux sans gravités ni conséquences qui témoignèrent plus de l'affection que les deux amis se portent réciproquement qu'à une échange de querelles sans fondements. En tout état de cause, ils nous ont bien fait rire tout les deux avec leurs chamailleries de cour de récréation qui ont pleinement contribuées à maintenir l'ambiance à la rigolade.
A l'issue de ces cérémonies, nous avons été conviés à un petit lunch. Nous dûmes au préalable, écouter les discours du général Piquemal et des principales autorités avant de pouvoir nous approcher des tables
Le général Piquemal prononçant son allocution, entouré des autorités du département du Tarn
Le groupe a quitté les lieux vers 13h et nous nous sommes mis en quête de trouver un endroit pour dîner ce qui, vu l'heure, n'était pas gagné d'avance. Nous étions à proximité de la place de l'Europe aussi notre dévolu fut jeté sur le restaurant où nous avions mangé la veille au soir.
LE REPAS DE MIDI :
Lorsque le patron de l'établissement nous vit débarquer avec l'intention de manger, il a marqué un temps d'arrêt en regardant sa salle qui était bondée. L'un d'entre nous lui suggéra de nous servir à l'extérieur comme la veille au soir, ce qu'il accepta.
Nous avons attendu patiemment, le temps que le personnel mette les tables en place et qu'il dresse les couverts. Nous avons dégusté un apéritif offert gracieusement par Albert Viaud qui fêtait ainsi sa médaille du Mérite UNP et nous avons passé les commandes au serveur et à une autre jeune serveuse, qui, malgré ses beaux yeux bleus, n'eut pas l'effet perturbateur de sa collègue de la veille dans la répartition des plats.
Le serveur apporte les plats
Claude Grellier taquinant le serveur
Le repas fut très festif surtout lorsque nous avons commencé à chanter. Un groupe de personne passant à proximité de nos tables nous relaya en chantant eux aussi, ce qui donna un peu plus d'ambiance. Après quelques mots échangés avec ces personnes, il s'avéra quelles étaient originaires de Vendée. Je ne suis pas chauvin mais c'est à croire que seul les vendéens savent s'amuser dans la convivialité. (J'exagère bien sûr)
Le repas terminé, nous avons demandé au serveur s'il nous ferait le plaisir de poser avec nous pour quelques photos, ce qu'il fit de bonnes grâces
Une des photos prise avec le serveur qui a coiffé le béret de Paul. On reconnaît : Agenouillés de gauche à droite : Pierre Barbette, Hubert Denys, Gérald Honiat, Claude Grellier
Debout de gauche à droite : Albert Viaud, Robert Bourrigaud, Pierre Piga, Paul Ponchel, Georges Thomas, Leck Wawrzyniak.
Puis ce fut le moment où fallait rejoindre les chambres afin de préparer les bagages en vue du départ. Nous nous sommes dirigés vers l'internat à pied, tranquillement, en traversant la ville, et la panoplie de décorations de notre ami Leck fit fureur à plusieurs occasions notamment devant un gamin de 5/6 ans qui le croisa sur la place de l'Europe. Ce gamin regarda Leck et fut si surpris en voyant la veste emplie de décorations, qu'il attrapa sa mère par le bras et dit : "Oh ! Regarde le Papy". Ceux qui étaient à côté de Leck, furent saisis par l'expression de ce gosse qui n'en revenait pas qu'un homme puisse avoir tant de médailles.
Un peu plus loin, nous avons traversé un parc. Sur un banc étaient assis un couple d'une quarantaine d'années et une vieille mamie qui arborait une barbe digne d'un hussard. Cette grand'mère s'écria en voyant Leck : "Oh, Monsieur ! Toutes ces décorations !"Notre ami ne se démonta pas pour si peu et s'approchant de la vieille dame il lui dit : "Vous avez de la barbe Mamie mais je vous fais quand même la bise" et il s'exécuta.
Puis nous sommes arrivés à l'internat. Chacun monta dans sa chambre, prit une douche et se changea "en civil ". Cette transformation effectuée, nous avons fait nos bagages et descendus ceux-ci à proximité du car. Les chauffeurs nous dirent où les mettre dans la soute en fonction de l'endroit où nous devions descendre. Autrement dit, les bagages de notre groupe qui devait descendre le premier devaient être les plus facilement accessibles. L'heure d'embarquer arriva, ce que nous fîmes rapidement, histoire de choisir nos places et ne pas répéter l'épisode de l'aller. Il y eu bien quelques grincements de la part de personnes n'appartenant pas à notre section qui croyaient que les places qu'elles avaient à l'aller leur seraient automatiquement attribuées au retour. Et enfin le car démarra.
LE VOYAGES RETOUR = LA GALERE :
Nous ne savions pas que ce voyage allait nous apporter un lot de péripéties que nous ne serons pas près d'oublier.
Pour l'instant, le voyage se présentait mieux que pour l'aller car notre président avait obtenu des chauffeurs que les deux sièges excédentaires soient supprimés afin d'avoir un meilleur confort, ce qui avait été fait. La climatisation était toujours absente mais pour l'heure, cela allait encore.
Cela faisait déjà un certain temps que nous étions sortis de la ville de Castres et nous roulions vers Toulouse sans incidents. Un peu avant d'arriver à Toulouse, le car s'arrêta pour un pause-pipi de 10 mn et les chauffeurs nous avertirent que désormais, il n'y aurait des arrêts que pour permettre le remplacement du conducteur. Nous avions fait environ 75 km. Et nous sommes repartis.
Nous avons atteint Toulouse et avons pris l'autoroute en direction de Bordeaux. Nous roulions depuis environ 1h30mn quand le car s'engagea sur une aire de repos et cela nous surpris un peu, compte tenu de ce que les chauffeurs nous avaient dit au dernier arrêt. Nous sommes descendus du car et on vit l'un des chauffeurs ouvrir le capot-moteur. Ce geste intrigua quelques -uns d'entre nous. A une question posée, le chauffeur répondit qu'un voyant s'était allumé au tableau de bord indiquant un manque de liquide de refroidissement. Le chauffeur sortit du coffre un bidon de liquide et se mit à en verser le contenu dans le tuyau prévu à cet effet dont il avait ôté le bouchon. Le contenu du bidon fut avalé par le moteur et quelqu'un remarqua que quelque chose coulait sous le car. Quelqu'un mit un doigt dans ce liquide et le sentit pour diagnostiquer : "Il doit y avoir une durite de percée, c'est du liquide de refroidissement". Cela se compliquait car la nuit arrivait.
Muni d'une torche électrique, Claude Grellier "ausculta" le moteur et après une dizaine de minutes de recherches conclut :"C'est la pompe à eau qui a lâchée, on ne peut pas repartir".
Sur quoi le chauffeur prit son téléphone portable et se mit à essayer de contacter son employeur. En vain. Il téléphona à son assurance pour obtenir l'assistance. L'assurance lui dit quelle faisait des recherches et quelle rappelait. Pendant ce temps, la nuit était tombée et il était maintenant prévisible que nous devrions en passer une partie, sinon la totalité à attendre un dépannage problématique. N'oublions pas que nous étions pendant le week-end de l'Ascension, que nous étions un samedi soir ce qui augurait que trouver un car avec deux chauffeurs disponibles en pleine nuit relevait de la gageure. De plus, cette panne posait un problème pour certains qui devaient reprendre le travail le lendemain ou qui avaient des traitements médicaux à prendre.
Pendant ce temps, quelques-uns de notre groupe, présageant que la nuit sera longue,pensèrent qu'il valait mieux profiter de ce temps pour dormir. Et de sortir les duvets pour s'installer sur la banquette en béton à côté du car pour piquer un roupillon. Les premiers à s'installer ainsi furent : Albert Viaud, Claude Grellier, Pierre Barbette et Leck Wawrzyniak.

Albert Viaud
Claude Grellier
Pierre Barbette
Leck Wawrzyniak
Dire qu'ils réussirent à dormir calmement fut un doux euphémisme car chacun des autres membres s'évertua à les chicaner. Le seul qui est soit disant parvenu à dormir fut Albert qui déclara le lendemain matin qu'il n'avait jamais si bien dormi depuis trois nuits.
Il ne se rappela même pas qu'il avait été sorti de son duvet par un lucane cerf-volant. La pauvre bestiole avait été éblouie par le réverbère et s'était retrouvée à moitié assommée sur le sol où un petit plaisantin l'avait ramassée et déposée précautionneusement devant le verre de lunette du dormeur. Et le plaisantin de secouer doucement l'épaule d'Albert en lui disant "Albert, y'a quèque chose sur ta lunette". Et Albert de répondre : "Fous-moi la paix, laisse-moi dormir", mais il ouvrit quand même un œil et vit les énormes pinces de l'animal ce qui provoqua un salto digne d'un patineur artistique, laissant tous les spectateurs écroulés de rire autour de lui
Le lucane cerf-volant
Pendant ce temps, les chauffeurs essayaient toujours d'obtenir notre rapatriement, l'assurance avait rappelé en disant que l'entreprise n'avait pas souscrit d'assurance pour les passagers mais le chauffeur était certain du contraire. Vers 2 h du matin, le chauffeur avait pu joindre un collègue qui se proposait de prendre un car et de venir nous prendre mais pour cela il avait besoin du feu vert de son patron et, de son côté, il s'évertuait à le joindre ce qu'il réussit à faire en lui expliquant la situation. L'employeur contacta notre chauffeur et lui assura qu'il avait bien souscrit une assurance pour le rapatriement des passagers et il s'engagea à en fournir une preuve matérielle dès notre retour chez nous. Le chauffeur qui avait proposé de venir nous chercher obtint l'autorisation mais le problème était qu'il ne pouvait pas prendre les pauses réglementaires ni échanger les postes de conduite avec un autre collègue puisqu'il était seul et quand cas de contrôle, il était répréhensible mais il passa outre tout ça et prit la route avec un car de dépannage. Il nous suffisait d'attendre 7 h du matin, heure probable de son arrivée.
Les chauffeurs avant l'embarquement à Castres.
Certains optèrent pour prendre un peu de sommeil en imitant les 4 premiers qui eurent l'idée, mais en utilisant les soutes du car, plus confortables et plus à l'abri qu'à l'extérieur. C'est ainsi que Gérald Honiat termina sa nuit, bien emmitouflé dans un duvet. Paul Ponchel opta pour l'extérieur et réussit à prendre un peu de repos à proximité des premiers dormeurs.

Gérald Honiat émergeant de la soute où il a dormi
Pendant ce temps, la pendule tournait, l'heure de l'arrivée du car de secours approchait. L'employeur des chauffeurs avait mandaté un des ceux-ci pour offrir le petit-déjeuner à tous les voyageurs car nous n'avions rien pris depuis le repas de midi, la veille. Il se dirigea donc vers la cafétéria de l'aire de repos et négocia ce petit déjeuner. Le problème (encore un) était que l'établissement n'ouvrait pas avant 7h et qu'il fallait faire chauffer les fours et préparer le matériel mais il fut convenu que nous pourrions être servi à 7h15.
Le jour naissant, chacun "émergea" peu à peu des limbes pour retrouver la réalité qui n'avait pas changée depuis la veille. A l'heure convenue, nous nous sommes dirigés vers la cafétéria pour prendre le petit déjeuner. Celui-ci n'était pas tout à fait prêt mais ce n'était l'affaire que d'une dizaine de minutes. Au point où nous étions, ce ne fut qu'une formalité. Ce laps de temps passé, nous avons savouré un pain au chocolat tout chaud avec un bon café. Chacun prit son temps, n'ayant rien d'autre à faire. Petit à petit nous avons quitté la cafétéria et quelques temps après, on vit apparaître le car de secours qui vint prendre place à côté de celui en panne. Un quart d'heure plus tard, les bagages ont été transférés d'un car à l'autre et nous avons reçus la permission d'embarquer.
Le nouveau chauffeur était limité dans le temps car il nous apprit qu'il avait un autre déplacement à effectuer en fin de soirée aussi nous prévint-il que les arrêts pour le retour seraient limités au maximum.
Dix minutes plus tard, nous roulions vers Bordeaux, pas fâchés de quitter cette aire d'autoroute.
Aucun évènement n'est venu perturber davantage ce voyage retour et c'est avec bonheur que nous nous sommes tous retrouvés au point de départ, Aux Essarts, près de nos véhicules personnels et après les salutations d'usage, nous nous sommes quittés bien fatigués mais quand même heureux que tout ce soit bien terminé avec, en prime, pas mal de choses à raconter
St Michel ne nous a pas oublié et nous a permit de rentrer à bon port.
Le car responsable d'une nuit à la belle étoile
